dimanche 16 août 2020

Les batteries de véhicules électriques sont-elles aussi néfastes que le prétendent leurs détracteurs ?

 

 Comme nous l’évoquions dans un précédent article :  « Les voitures électriques : vraiment écolologiques ? » il nous paraît utile d’ apporter quelques précisions et contester des affirmations erronées au sujet de leurs batteries.

 Un rapport énergie/poids embarqué défavorable pour les batteries:

Evidemment les hydrocarbures et l’essence par leur explosion délivrent une énergie bien supérieure à celle délivrée par la batterie, mais au bilan final l’énorme déperdition engendrée par toutes les phases mécaniques moteur et transmission conduisent à une efficacité énergétique 4 fois supérieure de l’électrique par rapport au thermique.

Au passage nous pouvons d’ores et déjà souligner un bilan aussi piètre pour ce qui est du « miraculeux » hydrogène « vert » produit par électrolyse de l’eau. Si l’on comptabilise toute l’énergie électrique utilisée tout le long de la chaîne du « puits à la roue » à savoir l’électrolyse, la compression du gaz, son transport, son stockage, son passage par la pompe de la station puis dans la pile à combustible ce ne sont que 20% à 25 % des kWh qui parviennent à la roue contre 80% pour le couple batterie moteur électrique. Soit un bilan énergétique aussi mauvais que celui du diesel !

Gageons que les progrès en cours de la chimie des batteries et de leurs composants va continuer de faire croître leur avantage.

L’absence de terres rares dans les batteries : Souvent est mise en avant la présence de terres rares, or dans les batteries Lithium-ion, il n’y a point de terres rares. Notons au passage que les terres dites rares ne sont pas plus rares que beaucoup d’autres éléments chimiques, c’est leur faible niveau d’exploitation qui les a rendues rares.

Une extraction du lithium à remettre en question ! : Les réseaux sociaux ont permis de nous sensibiliser sur les conditions d’exploitation déplorables du lithium dans les déserts des salars d’Uyuni et d’Atacama respectivement situés en Bolivie et au Chili. Ces conditions sont effectivement insupportables et demandent à être mises en conformité pour le respect de la santé des travailleurs qui y sont employés.

Il est peut-être utile que comme dans nos marais salants il s’agit de faire évaporer l’eau de la saumure de lithium et qu’il n’y a pas de gaspillage de tonnes d’eau potable comme certains tentent de le faire croire afin de noircir un peu plus le tableau.

Le Portugal va mettre en exploitation la plus grande mine de lithium d’Europe dont les réserves sont estimées à 30 ans.

En outre le BRGM, Bureau de recherche géologique et minières, a montré que les eaux thermales de plusieurs de nos stations alsaciennes contiennent assez de lithium pour couvrir l’équivalent de 6 % de la consommation nationale.

Ici comme pour les terres rares on voit bien que si problème il y a il est dans la structuration de la filière d’extraction.

Sur le sujet voir également l'excellent article documenté du blog linkebyroad par Olivier Bourgeois Ingénieur Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) électricité 1992 Prix « Homme, Technique et Environnement » de l’EPFL


Un recyclage insuffisant ? : Tout d’abord rappelons qu’une fois extraites du véhicule les batteries ont une deuxième vie . En effet même si elles ont perdu de leur capacité de stockage, regroupées avec d’autres dans des « containers » elles servent d’unités de stockage pour les énergies renouvelables exemple l’alimentation du stade de l’Ajax d’Amsterdam.

Concernant le niveau de recyclage des composants, actuellement on est autour de 70 % mais les investissement réalisés dans la filière en cours de consolidation laissent entrevoir un taux de 95 % .

Qui veut tuer son chien l’accuse d’avoir la rage ! dit le dicton qui s'avère une nouvelle fois bien à propos.

Jean-Claude LE MAIRE

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