mardi 14 avril 2026

La batterie sodium-ion de la BAIC remet en question la domination du lithium. ( CarNewsChina )

BAIC a révélé de nouveaux progrès dans le développement de batteries sodium-ion, alors que les constructeurs chinois élargissent l’utilisation de chimies alternatives aux batteries aux côtés des systèmes à base de lithium pour répondre aux contraintes de coût, d’approvisionnement et de performance par temps froid, selon IT-home.



Développement des batteries sodium-ion

Selon la division recherche de BAIC, l’entreprise a achevé le développement d’un échantillon de batterie sodium-ion, avec des indicateurs techniques qui devraient atteindre un niveau de pointe dans le secteur. La batterie utilise un format de cellule prismatique et atteint une densité d’énergie de 170 Wh/kg, selon des tests internes.

Charge complète en 11 minutes

Selon la société, le système prend en charge la recharge rapide 4C, avec une charge complète terminée en 11 minutes. BAIC a également indiqué que la batterie peut fonctionner dans une plage de température allant de -40°C à 60°C, avec une rétention d’énergie dépassant 92 % à -20°C, visant ainsi une meilleure facilité d’utilisation en climat froid.

Les résultats des tests liés à la sécurité ont été communiqués après validation interne. La société a indiqué que la batterie peut supporter des conditions de surcharge jusqu’à 200 % d’état de charge sans incendie ni explosion, et reste stable lorsqu’elle est exposée à 200°C lors des tests d’abus thermique.

BAIC a ajouté qu’elle a établi des capacités en matière de formulation d’électrolytes, de conception de cellules et d’intégration de systèmes, tout en relevant les défis liés à la densité énergétique et à la performance des cycles.

Contexte du produit

La batterie sodium-ion fait partie du programme « Aurora Battery » de BAIC, qui inclut désormais des chimies lithium-ion, semi-conducteurs et sodium-ion. L’entreprise a déclaré avoir achevé la validation des procédés pour la production de masse de cellules prismatiques sodium-ion.

Paysage concurrentiel

Les batteries sodium-ion sont évaluées dans l’écosystème des véhicules électriques chinois comme solution complémentaire pour les segments sensibles aux coûts et les applications à basse température. Comparés aux batteries lithium-fer phosphate, les systèmes sodium-ion offrent généralement une meilleure disponibilité des matières premières et une meilleure stabilité par temps froid, tout en rencontrant des limitations de densité énergétique.

BAIC a déclaré avoir déposé 20 brevets couvrant les matériaux, la conception, les processus de fabrication et les méthodes de test liés à son programme sodium-ion. L’entreprise a également révélé des évolutions dans les stratégies de recharge, la modélisation électrochimique et l’analyse des mécanismes de dégradation. 

Le secteur chinois des batteries a accru son attention portée à la chimie sodium-ion en complément des systèmes à base de lithium, ciblant particulièrement les segments sensibles aux coûts et améliorant les performances à basse température. En février 2026, Changan et CATL ont dévoilé ce qu’ils ont décrit comme le premier véhicule électrique de passagers sodium-ion produit en masse au monde, équipé d’une batterie de 45 kWh et visant une autonomie de plus de 400 km, avec un lancement sur le marché prévu pour la mi-2026.

Parallèlement, BYD a révélé les progrès sur sa plateforme de batterie sodium-ion de troisième génération, avec une durée de vie de cycle atteignant jusqu’à 10 000 cycles de charge, tout en précisant que le calendrier de commercialisation dépendrait des scénarios applicatifs et de la demande des clients.

Perspectives du marché

Aucune demande officielle de véhicule ni de calendrier de lancement n’a été divulgué pour la batterie sodium-ion de BAIC. La technologie semble être à un stade pré-commercial d’après les informations disponibles.

BAIC a déclaré qu’elle continuerait d’investir dans des matériaux pour batteries sodium-ion, l’intégration des systèmes et l’adaptation des véhicules. La prochaine phase à surveiller sera le déploiement au niveau du véhicule et la validation dans le monde réel, alors que les constructeurs automobiles chinois entameront la transition de la technologie du sodium-ion du développement vers des programmes de production précoce.

Avatar d’Adrian Leung

Adrian Leung

Écrivain

Adrian, diplômé en génie électrique et informatique passionné par les voitures, apporte expertise et enthousiasme à chaque test chez CarNewsChina. Il aime aussi l’audio, la photographie et rester actif.

vendredi 10 avril 2026

Une atteinte des objectifs d’électrification du parc automobile compromise à ce stade (Rapport de la Cour des comptes 04/2026)

Télécharger le rapport complet
Le document ( en son chapitre IV - II ) montre que, malgré des objectifs très ambitieux de décarbonation du parc automobile fixés par la LOM, la France n’est pas à ce stade sur une trajectoire compatible avec les cibles de 2030 et 2035. Les ventes de véhicules électriques progressent trop lentement et restent très en deçà des volumes nécessaires.

Les flottes professionnelles, pourtant identifiées comme un levier déterminant, ont largement échoué à jouer leur rôle en raison d’un faible respect des obligations, d’un manque de sanctions et d’une grande inertie de nombreux acteurs économiques et publics.

La taxe incitative mise en place en 2025 marque une avancée en introduisant une sanction financière, mais son efficacité est fortement limitée par l’exclusion des loueurs, ce qui réduit considérablement son périmètre réel. Le texte conclut implicitement à la nécessité d’ajustements supplémentaires pour rendre les politiques de verdissement réellement opérationnelles et compatibles avec les objectifs climatiques.

Les idées forces de l'analyse : 

1. Un cadre stratégique ambitieux mais en tension

Le texte s’inscrit dans le bilan de la loi d’orientation des mobilités (LOM) et montre un décalage croissant entre des objectifs climatiques très ambitieux et la réalité des dynamiques du marché automobile. La France s’est engagée, dans le cadre national (SNBC) et européen, vers la fin progressive des véhicules thermiques, avec des jalons précis à 2030, 2035 et 2040. Toutefois, les niveaux actuels de diffusion des véhicules électriques restent très inférieurs à la trajectoire requise, ce qui compromet l’atteinte des objectifs sans accélération majeure.


2. Un retard structurel sur les volumes de ventes de véhicules électriques (*)

L’analyse quantitative est centrale : avec seulement 2,85 % du parc automobile électrique début 2025, l’effort à fournir est considérable. Atteindre 15 % du parc en 2030 supposerait près d’un triplement du rythme annuel d’immatriculations par rapport aux niveaux observés depuis 2023. Le texte met en évidence une contradiction entre les ambitions affichées (800 000 ventes annuelles visées à moyen terme) et la stagnation effective du marché autour de 300 000 ventes par an.



3. Le rôle clé – et défaillant – des flottes professionnelles

La LOM a cherché à agir sur un levier majeur : les flottes de véhicules des personnes morales, qui représentent près des deux tiers des immatriculations de voitures neuves. Le document montre cependant que ce levier a été insuffisamment exploité :

  • faible respect des obligations de verdissement,
  • non-respect massif des obligations de déclaration,
  • forte hétérogénéité des comportements, entre quelques entreprises « leaders » et une majorité restant entièrement dépendante du thermique.

4. Une efficacité limitée des dispositifs sans sanction

L’absence de sanction effective avant 2025 est identifiée comme un facteur clé de l’échec relatif des obligations de verdissement. Les données issues des associations et de l’administration montrent des taux de conformité faibles chez les entreprises comme chez les acteurs publics (collectivités et État), malgré des objectifs réglementaires clairs et progressifs.

5. Une réforme fiscale incitative… mais fortement restreinte

La taxe incitative introduite en 2025 constitue une évolution notable, car elle introduit enfin un mécanisme de sanction financière. Le texte souligne toutefois ses effets contradictoires :

  • un impact positif immédiat sur les achats des grandes entreprises ;
  • mais une réduction drastique de son champ d’application, du fait de l’exemption des loueurs, qui limite la portée du dispositif à une part très minoritaire des immatriculations (environ 13 %).