lundi 29 septembre 2014

Audition de Mr Carlos GOSHN, PDG de Renault-Nissan, par la Commission des Affaires Economiques de l'Assemblée Nationale

MM. Carlos Ghosn et François Brottes Président de la Commission
Extrait des réponses de M C. Ghosn: " S’agissant des véhicules propres, nous misons beaucoup sur la voiture électrique. Nous sommes très fiers d’avoir été pionniers et d’être aujourd’hui le leader mondial en la matière. Il s’agit d’ailleurs d’une technologie qui continue de se développer : les batteries vont devenir de plus en plus petites et durables, l’autonomie va augmenter. Nous avons programmé plusieurs versions successives de Renault Zoé et de Nissan Leaf, chacune plus performante que la précédente.
Nous faisons certes beaucoup de promotion sur la voiture électrique, mais nous n’en oublions pas pour autant les autres technologies : nous développons des véhicules hybrides et des piles à combustibles ; comme je l’ai déjà indiqué, nous améliorons aussi les performances de nos moteurs diesel et à essence. Compte tenu de notre taille et de la multiplicité de nos marques, il est nécessaire que nous disposions de toutes ces technologies. Grâce à notre alliance avec Nissan, nous sommes l’un des principaux investisseurs en matière de recherche et développement dans le secteur automobile. Nous travaillons aussi avec Daimler et Ford dans certains domaines, notamment sur les piles à combustible. Nous avons ainsi l’échelle qui nous permet de ne faire l’impasse sur aucune technologie.
En tout cas, nous croyons très fortement à la voiture électrique, en France comme dans le reste du monde. L’équation environnementale n’est pas près d’être résolue, et il n’y a pas d’autre solution pour concilier le développement de l’industrie automobile avec la lutte contre le réchauffement climatique. Compte tenu des réglementations imposées par la Chine, par les États-Unis et, bientôt, par l’Union européenne, le parc automobile devra nécessairement compter à terme 20 à 25 % de véhicules « zéro émission » ou très proches de cette performance.
Relèvent des technologies « zéro émission » le véhicule électrique, qui est prêt, et la pile à combustible, qui est techniquement prête, mais pour laquelle la question de l’alimentation est loin d’être réglée. Il n’est déjà pas simple d’implanter des bornes électriques sur le territoire national. Je vous laisse donc imaginer les difficultés que soulèvera l’installation d’un système d’alimentation en hydrogène pour 100 000 à 200 000 voitures équipées d’une pile à combustible, non seulement en termes d’investissements, mais aussi de sécurité. Parmi les « véhicules propres » figurent en outre les plug-in hybrids, qui sont non pas des véhicules hybrides, mais des voitures essentiellement électriques dotées d’un petit moteur à essence qui leur donne une autonomie supérieure à 100 ou 200 kilomètres. Nous sommes présents sur tous ces créneaux.
Cela étant, l’innovation concerne non seulement la motorisation – c’est-à-dire la réduction des émissions de dioxyde de carbone et de la dépendance à l’égard du pétrole –, mais aussi et surtout l’utilisation de la voiture. La voiture passe d’esclave, à partenaire : si, aujourd’hui, l’utilisateur commande tout, à l’avenir, la voiture va anticiper certains besoins. Ainsi, lorsque vous n’aurez pas envie de conduire, vous mettrez la voiture en mode autonome, et elle vous amènera à destination sans que vous ayez besoin d’intervenir. Nous développons aussi des prototypes qui prennent le pouls du conducteur, examine ses yeux…
M. le président François Brottes. C’est donc une ambulance ? (Sourires.)
M. Carlos Ghosn. Non, et ce n’est pas du tout de la science-fiction !


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