vendredi 8 juin 2018

Demain sera-t-il possible de recharger son véhicule électrique à partir de toute borne inscrite dans la Sunchain en utilisant sa propre électricité ?

André Joffre a créé il y a 35 ans à Perpignan, TECSOL, une entreprise de technologies innovantes qui intervient dans tous les secteurs de l’énergie solaire (solaire thermique, photovoltaïque, auto-consommation). Dès sa fondation, la convergence du numérique et de l’énergie solaire a constitué un axe fort de sa politique de recherche et développement. Ce choix s’avère, aujourd’hui, très pertinent au moment où le digital envahit tous les secteurs de la société.


Sunchain repose sur cette récente technologie appelée la blockchain.

Pour échanger des kilowatt-heures à travers le réseau de distribution, il faut mesurer de façon sûre et instantanée l’électricité solaire produite d’un côté, et l’énergie soutirée de l’autre. Ces mesures constituent une grande quantité de données, qu’il est nécessaire de valider et de sécuriser. 
La vision de Sunchain repose sur l’utilisation de sa propre énergie solaire hors de son domicile. 
Demain il sera possible de recharger son véhicule électrique à partir de toute borne inscrite dans la démarche (publique ou privée) en utilisant sa propre électricité.



mardi 5 juin 2018

L' électromobilité, composante décarbonée de l'Ecomobilité en Région Occitanie.

Suite à la sollicitation de Carole DELGA, Présidente  de la région OCCITANIE, aux travaux préparatoires avec ses services ainsi qu'aux différents échanges avec les 13 syndicats d'énergie occitans nous ayant permis de réaliser un "état des lieux du déploiement de bornes de recharge rapide", s'est tenue une réunion de travail le 30 mai 2018. 
L'objectif de la réunion était de poursuivre les démarches visant à solliciter la région à prendre part à la politique de déploiement de bornes de recharge rapide pour véhicules électriques avec un maillage du territoire régional à hauteur d'1 borne de recharge rapide tous les 50Kms.
Participaient :  M. le Directeur de la transition Ecologique et Energétique; Mme la Directrice déléguée représentant la Direction des Infrastructures, des Transports et des Mobilités. Monsieur Pascal MERCIER, Maire de Preignan, Vice-président de l'agglomération « Grand Auch Cœur de Gascogne »; Monsieur Jean Claude LE MAIRE, responsable du blog le VE je le veux ; utilisateur et promoteur du véhicule électrique, président de la CoopéractiVE pour une électromobilité alimentée par les ENR.

Cette réunion faisait suite aux rencontres préalables avec un conseiller du cabinet de Madame la Présidente du Conseil Régional Occitanie et aux entretiens avec Monsieur Jean Louis GUILHAUMON Vice-Président du Conseil Régional Occitanie, en charge du tourisme; et Madame Florence BRUTUS, Vice-Présidente du Conseil Régional Occitanie, en charge de l’aménagement du territoire ; ainsi qu'aux échanges d’informations avec les treize syndicats départementaux d’énergie de la région.

Nous avons pu ainsi exposer :

Comment l'électromobilité constitue un écosystème co-construit par les les constructeurs, les collectivités publiques, les énergéticiens, les opérateurs et prestataires de service et les utilisateurs de VE, autour de 2 pôles : Les véhicules d’une part ; les points de charge d'autre part.

Les avantages de l’électromobilité comme composante de l'écomobilité


Le Véhicule électrique est 4 fois plus économe en énergie que le véhicule thermique. Ses coûts de   fonctionnement 2,5 € pour 100 kms . Ses batteries constituent des stockages d'énergie renouvelable. Il engendre une pollution minimale. Il contribue à une sécurité routière améliorée.

L'électromobilité un écosystème co-construit :



L’état de la croissance de 2010 à 2017 des ventes de véhicules, répartie par départements de notre région. 
La pertinence du maillage à raison d’une borne de recharge rapide tous les 50 km : 
Le maillage à 50 km est absolument nécessaire à l'itinérance  car il permet en un quart d'heure de charge d'acquérir 100 km d'autonomie supplémentaire , engendrant ainsi de la fluidité dans les opérations de recharge vu qu'il n'est  plus besoin de squatter une borne pour y faire le plein d’énergie de la batterie.

Historique et état des lieux, à mars 2018, du déploiement des 80 bornes de recharge rapide en Occitanie.



Le déploiement de bornes rapides en Occitanie a été initié en 2013-15 par le constructeur NISSAN en partenariat avec les enseignes IKEA et AUCHAN; ont suivi les 200 bornes déployées sur les autoroutes par SODETREL (EDF) dans le cadre de la convention CORRI-DOOR , quelques bornes installées par des opérateurs divers LIDL, LECLERC, VOLKSWAGEN, ELEANCE la régie municipale de Cazères (31). Puis le déploiement massif de bornes dans le cadre du plan national financé par l'ADEME a permis l'implantation de 43 bornes rapides en 2016-2017. Notons également au passage les 5 superchargeurs installés par Tesla mais pour l'instant seulement accessibles à leurs véhicules. 
A Mars 2018 ce sont donc quelques 80 bornes de recharge rapide qui étaient disponibles sur le territoire occitan permettant, sous réserve dune préparation du parcours, une itinérance le long des principaux axes transversaux de la région. 

Un complément de 42 bornes nous semble nécessaire pour mailler la région à 50 km: propositions ...



Ce sont les zones les plus peuplées de la région et les mieux équipés en véhicules électriques (à l'exception incompréhensible de la métropole toulousaine) qui bénéficient de la meilleure couverture en bornes de recharge rapide et à souligner également le département du Lot. 
Afin de permettre une itinérance dans toutes les zones rurales et montagneuses mais aussi les déplacement transversaux en dehors des grands axes nous suggérons donc le déploiement de 42 bornes supplémentaires (cf cartes c_dessus). Il ne s'agit évidemment que de suggestions qui essaient de prendre en compte la géographie et l'économie des territoires, étant entendu que les acteurs locaux que sont les syndicats départementaux et les usagers seront les mieux à même, dans une concertation, d'éclairer les choix d'implantation les plus pertinents.

Les apports de la mobilité électrique à la transition énergétique et au développement de l'intermodalité.

Comme tous les véhicules les voitures électriques, dans leur usage transports du quotidien, passent le plus clair de leur temps à l'arrêt, au domicile, sur des parkings de commerces ou d'entreprises, sur des aires de co-voiturage, sur des parkings d'aires de rabattement vers les transports en commun ou des pôles multimodaux. 
Lorsque ces aires de stationnements sont couvertes de panneaux photovoltaïques elles peuvent alimenter directement les batteries des VE stationnés et constituer ainsi une solution de stockage pour les énergies renouvelables comme évoqué dans les exemples ci-après. 




120 places de parking, comportant 3000 m² de toiture photovoltaïque produiraient environ 450.000 kW par an soit de quoi effectuer 3.000.000 km VE. Cela correspond à 25.000 km par place de VE chaque année ou par VE, l' équivalent de 1000 trajets de 25 km. 
Alimentée lors du stationnement en charge lente à 2 kWh la batterie du véhicule peut restituer à son retour au domicile les 2 à 4 kWh qui soulageront le réseau aux heures de pointe et ... la facture d'électricité. 
En bonus la toiture peut de surcroît permettre de récupérer sur l'année quelques 1800 m3 d’eau pluviale qui dans l'avenir constitueront une précieuse ressource.

Nous remerciant pour la présentation exhaustive, les représentants de l'administration du Conseil Régional ont pris acte des éléments exposés. Ils envisagent de se rapprocher des syndicats d'énergie ; et, ainsi, alimenter l'état des lieux de l'implantation de bornes rapides et des projets en cours afin de définir le champ d'intervention de la collectivité régionale et les modalités de son intervention appuyée sur les collectivités et/ou leurs regroupements locaux et départementaux.
Jean-Claude LE MAIRE

LES POLITIQUES PUBLIQUES EN FAVEUR DES VÉHICULES À TRÈS FAIBLES ÉMISSIONS (France Stratégie)

Avec pour objectif ambitieux la neutralité carbone à l’horizon 2050, le Plan Climat prévoit de mettre fin à la vente des voitures émettant des gaz à effet de serre, c'est-à-dire les voitures thermiques, d’ici 2040. Une petite révolution pour la filière automobile qui représente près de 5 000 entreprises, 500 000 salariés et 2,3 millions d’emplois induits en France. Bonne nouvelle : le développement du véhicule électrique est une réelle opportunité industrielle… à condition de l’accompagner dans la durée par des politiques publiques volontaristes. 
Télécharger le rapport
C’est une des conclusions du rapport que France Stratégie vient de remettre au ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire et à la ministre chargée des transports, suite à la mission d’étude des politiques publiques engagées à l’international en faveur du véhicule "propre". Un rapport qui tombe à point nommé : le contrat stratégique de la filière automobile signé mardi 22 mai 2018 avec le gouvernement vise une multiplication par cinq des ventes de véhicules 100 % électriques et la mise en place de 100 000 bornes de recharge d'ici 2022. Dominique Auverlot, Nicolas Meilhan, Bérengère Mesqui et Aude Pommeret nous livrent une synthèse des principaux résultats.

Une réelle opportunité industrielle

Le véhicule électrique est à coup sûr une opportunité industrielle qu’il s’agit de ne pas laisser passer. Et ce, pour au moins trois raisons. D’abord parce qu’il s’agit d’un marché d’avenir très concurrentiel : avec des ventes annuelles, en progression de 60 % par rapport à 2016, le parc automobile électrique représentera des dizaines de millions de véhicules en 2030 et un marché de plusieurs dizaines de milliards de dollars chaque année. Or la Chine représente déjà 50 % des ventes mondiales pour un marché concentré dans huit pays – Chine, États-Unis, Japon, Norvège, Royaume-Uni, France, Allemagne et Suède.
Ensuite parce que nous sommes à un tournant : « nous entrons dans une nouvelle phase de la mobilité électrique qui va nous permettre de parcourir de plus longues distances », explique Dominique Auverlot. Fini le temps où voiture électrique rimait avec petits trajets du quotidien. Les progrès récents des batteries au lithium ont non seulement divisé leur coût par deux mais également augmenté leur autonomie pour des parcours qui devraient atteindre 400 km à partir de 2020, avec une recharge de 80 % de la capacité en vingt-cinq minutes.
Enfin, parce que le développement de la voiture électrique relève d’une grappe d’innovations simultanées. Il recèle donc des effets d’entraînement potentiellement puissants. « Les batteries [par exemple] ne seront plus cet objet passif que constituait le réservoir à essence », expliquent les auteurs du rapport, « elles pourront rendre des services au réseau électrique », en fournissant à terme de l’énergie dans la maison ou au réseau en cas de pic de consommation. Autrement dit, la massification du véhicule électrique oblige à repenser l’articulation entre automobile et approvisionnement en énergie, à penser « système ».

Les leçons des expériences étrangères

Mais comment orienter et stimuler l’investissement dans cette direction ? Pour répondre à cette question, les auteurs ont passé en revue les stratégies de huit pays engagés dans des politiques volontaristes en faveur du véhicule "propre" : l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Espagne, la Norvège, les États-Unis, l’Inde et la Chine. Objectif : identifier les politiques publiques et les incitations en faveur du véhicule "propre" qui marchent.
Télécharger la note de synthèse
Bilan ? Trois zones dans le monde sont parvenues à ce que les véhicules électriques dépassent les 10 % des ventes de voitures neuves : la Norvège, les villes chinoises de Pékin, Shanghai et Shenzhen, et une trentaine de villes californiennes. Un chiffre à comparer aux 3 % enregistrés dans les villes françaises ou allemandes. Dans ces trois zones, le développement du véhicule électrique résulte de politiques publiques reposant non seulement sur des incitations financières élevées compensant le surcoût du véhicule électrique et maintenues dans la durée, mais également sur des avantages indirects - gratuité des péages autoroutiers pour les véhicules électriques, accès gratuit aux parkings munis de bornes de recharge, tarifs de stationnement différenciés entre véhicules thermiques et électriques… Dans deux zones, des quotas de vente de véhicules électriques sont de surcroît imposés aux constructeurs.
Partant de ces observations, le rapport recommande que la France poursuive sa politique de bonus-malus et d’incitations en faveur du véhicule électrique, tant que son coût sera supérieur à celui du véhicule thermique. Ces aides pourraient être modulées en fonction de l’autonomie réelle du véhicule électrique, voire des revenus. Nicolas Meilhan insiste en l’espèce sur la nécessité d’équiper les véhicules hybrides rechargeables d’une autonomie électrique d’au-moins 60 km pour pouvoir effectuer les trajets du quotidien et ne pas rouler majoritairement en mode thermique. Le rapport préconise également de soutenir fortement la R&D : « l’essor de la filière automobile et de ses emplois passe par des mesures de politique industrielle en faveur du véhicule électrique », souligne Aude Pommeret. L’effort devrait porter prioritairement sur les prochaines générations de batteries, dans le cadre du programme Horizon 2020 notamment, mais aussi sur des domaines plus transversaux : nouveaux moteurs et matériaux, recyclage, mécatronique, numérique et intelligence artificielle. Autant de « savoir-faire clés » dans lesquels investir signifie anticiper l’avenir.
Autre préconisation centrale : poursuivre le déploiement des bornes de recharge. Dans la perspective – ambitieuse – d’un parc de véhicules électriques de 3 à 4 millions d’unités d’ici une quinzaine d’années, on conçoit bien en effet qu’il s’agit de doter massivement de bornes les autoroutes, la voirie et les parkings publics mais aussi les garages et les parkings des immeubles collectifs. Des projets d’équipement qui doivent être entrepris « en bonne intelligence entre le public et les différents acteurs privés concernés », recommande le rapport, et ce, sans oublier le nécessaire développement des autres modes de transport pour favoriser le report modal et l’intermodalité, rappelle Bérengère Mesqui.
Enfin, parce que le véhicule électrique ne prendra son plein essor que lorsqu’il sera accessible aux ménages aux plus faibles revenus, le rapport préconise de soutenir le développement de véhicules low cost, la création d’un marché de l’occasion – ce qui implique une garantie de la batterie sur une durée de vie suffisante – et l’équipement en bornes de recharge du parc de logements sociaux.
On l’aura compris, si la France veut passer à la vitesse supérieure sur le véhicule "propre", c’est maintenant qu’il faut agir.
Céline Mareuge, journaliste web