vendredi 14 décembre 2018

Selon l'ADEME, le développement important du véhicule électrique est compatible avec un coût de l'électricité réduit générée par un développement massif des énergies renouvelables.

Dans une étude publiée le 10/12/2018 l'ADEME présente, suivant plusieurs scénarios, des éléments techniques et économiques permettant d'éclairer la trajectoire d'évolution du mix électrique sur les quarante prochaines années, en complément des orientations retenues dans dans la programmation pluriannuelle de l'énergie (horizon 2028).
Le système électrique français est à ce jour majoritairement alimenté par un parc électronucléaire qui dote la France d'une électricité peu chère et décarbonée.
La perspective de la fin de vie des centrales, de leur prolongation ou de leur remplacement pose la question de la stratégie d'évolution du mix de production électrique français.
Cette étude porte sur différentes trajectoires d'évolution du mix électrique. Le parti pris dans cet exercice est de rester strictement sur une logique d'optimisation économique : il s'agit d'évaluer les trajectoires qui coûteront le moins cher pour la collectivité, en prenant en compte le contexte européen.
L'étude du document par l'AFP souligne "le rôle du nucléaire historique pour accompagner la transition, avec une fermeture progressive des réacteurs à 40 et 50 ans. En revanche, si la France se lance dans un programme industriel de construction d'EPR, alors la part des énergies renouvelables baisserait autour de 75% en 2050 et le coût de production moyen de l'électricité serait globalement plus élevé. Un tel programme industriel représenterait un surcoût d'au moins 39 milliards d'euros sur la période, a évalué l'Ademe".
Développer massivement les énergies renouvelables d'ici 2050 et 2060 est la meilleure façon de produire une électricité à un coût réduit et qui soit la moins chère possible pour les Français. 
Le Président de l'Agence, Arnaud Leroy, précise "on se rend compte qu'on n'a plus besoin de subvention dès 2035, à la fois pour l'éolien terrestre et le solaire", qu'aucun besoin de stockage massif n'est nécessaire avant cette date et que ces scénarios permettent d'accompagner un développement important des véhicules électriques, comme d'assurer la stabilité du réseau électrique.

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NDLR : Les auteurs précisant que cette synthèse sera complétée par la publication de 2 autres documents : 
• une présentation exhaustive des hypothèses retenues ; 
• un rapport d’analyse détaillé des scénarios étudiés.
Le VE je le veux souhaite que celles-ci intègrent la mobilité électrique et le déploiement massif du véhicule électrique non comme simplement un consommateur fatal d'énergie électrique mais comme composante à part entière de la transition énergétique contribuant :
  • à la sobriété énergétique : le parcours en VE consomme 4 fois moins d'énergie qu'effectué en véhicule thermique augmenté du même facteur par passager s'il s'agit de covoiturage; le même trajet "covoituré" par 3 personnes c'est 3x4 = 12 fois moins d'énergie consommé ! 
  • au stockage des énergies renouvelables : lors des périodes de stationnement prolongé,  au domicile, sur les aires de co-voiturage ou de rabattement vers les transports en commun, sur les parkings d'entreprise dès lors qu'elles seront équipés d'ombrières photovoltaïques ou de prises alimentées par des ENR. Il faudra aussi comptabiliser la "deuxième vie" des batteries de VE. 
  • à amortir les crêtes de consommation électrique : l'électricité stockée dans les batteries des VE stationnaires peut-être restituée sur le réseau pour alimenter le domicile ou contribuer à écrêter les pointes de consommation grâce à la technologie V2G puis être restituée au véhicule en période de basse consommation. 
  • au bénéfice de la balance commerciale de la France et de l'Europe : réduction par 4  voire 5 de la facture des hydrocarbures importés et leur transformation.
  • à l'approvisionnement durable de l'économie circulaire: dans un avenir proche au fur et à mesure que les batteries de voitures , des cellules photovoltaïques seront recyclées ce sont autant de composants et de matériaux aujourd'hui majoritairement détenus par les investisseurs et industriels chinois qui seront réutilisés localement. 
  • à la décarbonation de la mobilité : le moteur électrique est le seul qui n'émet ni CO² ni gaz à effets de serre contrairement à TOUS les véhicules thermiques ou hybrides "électrifiés". 
  • à une conception nouvelle de la voiture et de son utilisation: repenser l'architecture et les composants de la voiture autour du couple moteur électrique - batterie comme étape vers la voiture autonome; autopartage, covoiturage, auto-train en fonction des types de trajets envisagés.  

Jean-Claude LE MAIRE


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