mardi 23 février 2016

Nous poussons l'électrique parce que le Zéro Emission abordable à des prix raisonnables : c'est l'électrique et rien d'autre... (Carlos Ghosn à l'Assemblée Nationale le 17 Février 2016)

Vidéo de l'audition de Carlos Ghosn par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée Nationale.


Le PDG de l'Alliance RENAULT-NISSAN, Carlos Ghosn répondant aux nombreuses questions des députés sur la stratégie du groupe a notamment rappelé son credo dans la voiture électrique et apporté des précisions sur l'implication dans les autres technologies (hybride, hydrogène) . 
"Nous nous sommes tous félicités de l'accord de Paris sur la COP 21, très bien..,maintenant reste la partie la plus difficile : qui va contribuer ? comment ? ... l'automobile c'est 15% des émissions mondiales de CO² ... nous n'atteindrons en aucun cas les objectifs si les voitures Zéro Emission ne représentent pas d'ci 2020-2005 un pourcentage significatif qui peut varier de 25 à 50 % du parc mondial. On est très loin du compte aujourd'hui !  
Nous poussons l'électrique parce que le Zéro Emission abordable à des prix raisonnables: c'est l'électrique et rien d'autre... "

Il concluait son propos à l'endroit de la représentation nationale par une très pertinente alerte sur les besoins urgents de formation :  
" Nous avons un enjeu colossal sur la formation pour vaincre l'anxiété des équipes d'ingénieurs et de techniciens qui, confrontés à l'arrivée des véhicules électriques, de la voiture autonome et connectée, s'angoissent de devoir remettre en cause les compétences de leur job d'aujourd'hui pour acquérir celles nécessaires à l'arrivée de ces nouvelles technologies. "

Retrouvez l'intégralité du compte rendu écrit sur le site de l'Assemblée Nationale.

Concernant le VE nous en reprenons quelques extraits :

"L’alliance Renault-Nissan consacre à la recherche-développement et à l’investissement un budget annuel de plus de 10 milliards d’euros. C’est une des principales forces de frappe de l’industrie automobile, et le véhicule électrique en est la meilleure illustration : nous avons été les premiers à nous lancer, nous n’avons pas hésité à investir plus de 4 milliards d’euros depuis 2008 et, aujourd’hui, nous sommes le numéro un mondial. Un véhicule électrique sur deux dans le monde provient de l’alliance – ZOE et Kangoo du côté de Renault, LEAF et NV200 du côté de Nissan –, et nous sommes à l’offensive sur tous les marchés. La France, grâce à l’action cumulée de l’État pour soutenir le développement des infrastructures de charge et à l’aide à l’achat, est devenue le deuxième marché européen en 2015, derrière la Norvège. C’est évidemment très bon pour nous, puisque ZOE est ainsi devenue la voiture électrique la plus vendue en Europe. Pour nous, la voiture électrique est plus que jamais une priorité. Les investissements en cours vont permettre de doubler l’autonomie avant 2020. En même temps, le développement des infrastructures de charge va éliminer un des principaux motifs pour lesquels un client hésite à acheter une voiture électrique. Bien sûr, la baisse du prix de ces voitures joue aussi, puisqu’avec le développement de l’offre, les fournisseurs deviennent plus performants et nous-mêmes sommes capables d’étaler nos coûts sur un nombre plus élevé de voitures et donc de baisser les prix...
...Nous nous sommes tous félicités du succès de la 21e Conférence des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21), ainsi que de l’accord visant à limiter à moins de deux degrés la hausse de la température à la surface de la planète. Reste à savoir comment : qui va contribuer, et dans quelle mesure, à ce que cet objectif soit atteint. Nous avons mis nos experts au travail pour évaluer notre contribution à cet effort en tant qu’industriel automobile. Environ 45 % ou 50 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) proviennent du secteur énergétique, le transport représente près de 20 %, l’automobile 15 %. Il n’y a aucune chance que l’accord de la COP21 devienne une réalité si les voitures « zéro émission » ne représentent pas à terme – ce qui, selon moi, signifie 2020 ou 2025 – un pourcentage significatif des ventes de voitures, compris entre 25 et 50 %. Or, nous sommes très loin du compte : les voitures électriques ne représentent même pas 0,01 % des ventes mondiales. Vous imaginez donc ce qui est en train de se préparer.
Les hybrides ne suffiront pas. L’un des grands problèmes, pour la voiture électrique, ce sont les stations de chargement : les gens nous disent qu’ils aiment beaucoup notre ZOE, mais qu’ils ne savent pas où ils pourraient la charger. C’est comme cela partout dans le monde. Vous imaginez donc le problème avec les stations d’hydrogène : il y en a moins de cent dans le monde, alors que les stations électriques sont déjà plusieurs centaines de milliers... L’hydrogène pose en outre des problèmes de sécurité, et son bilan CO2 well to wheel – du puits à la roue – n’est pas du tout évident. Si nous produisions de l’électricité à partir de charbon, le bilan ne serait pas terrible non plus. Le développement de la voiture électrique forcera la filière énergétique à devenir plus propre, là où elle ne l’est pas, dès lors que les émissions au niveau de l’utilisation tendent vers zéro.
Nous ne faisons l’impasse sur aucune technologie – électrique, hybride, pile à combustible… – et nous continuons d’alléger les voitures : les « deux litres aux cent » sont d’actualité et nous sommes en train de répertorier sur nos voitures les technologies qui en sont à la base. En revanche, nous poussons l’électrique, car il faut bien que quelqu’un le fasse, si nous voulons aboutir, et nous avons été les premiers à le faire, mais aussi parce que je pense que le zéro émission à des prix raisonnables passe par l’électrique...
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