jeudi 1 octobre 2020

# 9 - VE à batteries ou à hydrogène ? La sobriété énergétique devrait flécher les investissements publics !








Coût pour effectuer 500 km:  10 € 0.16 € le kWh et 66 € à 10 € le kg d'H²
         " L’hydrogène (H2) est une terrible illusion comme énergie alternative aux combustibles fossiles. Les médias semblent fascinés par ce gaz perçu comme une panacée, mais entre la science et la perception publique ou politique, il y a un abîme.

Cette erreur commune persiste notamment parce que Jeremy Rifkin, un gourou dans le domaine de l’hydrogène, a présenté The Hydrogen Economy dans laquelle ce gaz remplacerait les combustibles fossiles pour la production d’électricité et les transports.

Bon orateur répétant son mantra depuis maintenant plus de 15 ans, Rifkin a réussi à convaincre de nombreux politiciens, en particulier dans l’Union européenne (UE), que la révolution de l’hydrogène était en marche. Mais l’effet magique « abracadabra » ne fonctionne pas dans la science et l’économie. "

C'est par ce constat que Michel Gay et Samuele Furfari introduisent leur article intitulé " L'hydrogène l'éternelle illusion "

Leur argumentaire rejoint celui développé par Volkswagen mais également par François CHABANNES Coprésident de la Fondation d’entreprise Alcen pour la Connaissance des Énergies

A voir la précipitation avec laquelle nos dirigeants annoncent, tant au niveau régional, national ou européen, leur volonté de financer, avec de l'argent public, d'énormes investissements on ne peut s'empêcher de citer un autre de leurs articles intitulé  "L'hydrogène cet hallucinogène" et s'interroger sur les motivations qui conduisent à ces choix dont le schéma ci-dessus souligne l'énorme gâchis énergétique.  

Si l'on comprend bien le lobbying et l'intérêt des réseaux de distributeurs d'hydrocarbures afin de "recycler leurs stations et pompes" (1) pour la distribution d'hydrogène on peut s'interroger sur la cohérence des politiques publiques ?

Pour l'hydrogène 7.200.000.000 € d'ici 2030 (dont 2.000.000.000 en 2021) ! Pourquoi tout cet argent public mis dans la stratégie française de l'hydrogène  privilégiant la mobilité lourde (2) alors que depuis des années les compagnies investissent dans une joint venture H2 Mobility ( regroupant Air Liquide, Daimler - Volvo, Linde, OMV, Shell, et TOTAL ) qui à ouvert près d'une centaine de stations à hydrogène et que par ailleurs Engie rejoint le projet MULTIPLHY. Et ce n'est pas le prix prohibitif de ces voitures qui accélèrera le passage à l'électrique. 

Seulement 550.000 € pour le déploiement de points de charge ? Alors que de plus en plus de français passent au 100% électrique on peut légitimement s'inquiéter sur l'engorgement d'un réseau de bornes de recharge rapide déliquescent.  La priorité, l'urgence même, est de leur assurer un réseau maillé à 50 km de bornes de recharge rapide d'au moins 50 kW avec la qualité de service nécessaire pour une itinérance sereine. Sinon à quoi bon investir dans un AIRBUS des batteriesSi nos décideurs voyageaient en véhicule électrique ils pourraient hélas  partager le constat de l'article des Numériques La France ou le cimetière des bornes de recharge 

Jean-Claude LE MAIRE

1- Recycler leurs stations et pompes : il s'agit d'une image car évidemment, comme expliqué dans plusieurs des articles cités, d'importants investissements sont nécessaires pour réaliser ces infrastructures.

2- La mobilité lourde à hydrogène se conçoit parfaitement en substitution des TER diesel, des bus longue distance. Pour les marchandises et leur ferroutage la loi LOM a  confié à la SNCF et ses filiales directes et indirectes "des missions de service public dans le domaine du transport ferroviaire et de la mobilité exerçant des activités de logistique et de transport ferroviaire de marchandises, dans un objectif de développement durable, de lutte contre le réchauffement climatique". Plusieurs constructeurs ont déjà mis sur le marché des poids lourds 100% électriques.   Idem pour les bus .

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